18 Mai
Hassan est sorti tôt du petit appartement ou sa fille l’a accueilli à son arrivée ici. Il boite un peu mais avance vite. Les rues sont déjà blanches de soleil. Il se dit qu’il fera chaud et qu’il sera heureux de rentrer vers les midi, pour éviter la grosse chaleur. Le corps d’Hassan est rempli d’espoir, les formalités administratives ne devraient pas être longues. Après tout, il vit ici et travail ici. Plein d’espoir mais il ne peut s’empêcher de remarquer que les gens le regarde bizarre et que sa main droite, celle qui tient le dossier, est moite.
Arrivé devant les grilles de la Préfecture sa gorge est sèche. Dans le grand hall d’accueil ils sont une soixantaine comme lui, à attendre de pouvoir déposer une demande de titre de séjour. C’est enfin son tour. Il sort de sa pochette les documents. Tout y est. Il est soulagé quand la fille derrière le guichet lui dit que le Directeur de Cabinet s’engage à n’expulser aucun déposant pendant la durée du traitement du dossier.
Hassan est donc tranquille pour quatre mois.
5 Juin
Hassan s’arrête à la boutique juste en bas de l’immeuble. C’est une boulangerie bien française mais, parfois, ils proposent des pâtisseries au miel et à la fleur d’oranger comme il aime. C’est le cas aujourd’hui, il en salive d’avance. Dans le reflet des vitres du présentoir il aperçoit trois policiers. Ce sont des tâches bleues pétroles entre lui et l’éclat du soleil qui aveugle la rue. Hassan n’est pas bête. Hassan a compris. Que ce pays fasse tout pour le chasser il le savait, mais que ce pays n’ai aucune parole, ça c’est autre chose.
Hassan passe la nuit en garde a vue. Devant l’Hôtel de Police il y a du rififi. Des associations de défense, des militants, des passants et sa fille qui elle est bien française s’y sont rassembler. Le boucan dure toute la nuit.
6 Juin
A midi il est libéré. La Préfecture ne doit pas aimer le bruit. Lentement, il traverse les quartiers désertés à cause de la chaleur jusqu’à chez sa fille. Il ne veut pas lui causer de problèmes alors il profite qu’elle se soit assoupie après le déjeuner pour prendre quelques affaires et disparaitre.
Hassan s’enfonce dans la banlieue industrielle de la ville. Son ombre boiteuse s’écrase et s’allonge sur les trottoirs. Déjà, les deux ou trois personnes qu’il croise, ne semble pas le voir. Hassan est un vrai clandestin maintenant.
Hassan décide de devenir transparent. Et lui, il tiendra parole.
Juin10
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